Vider une piscine représente une opération délicate qui nécessite réflexion et préparation. Cette intervention exceptionnelle ne doit être réalisée que dans des circonstances bien précises, car elle expose votre installation à des risques structurels importants. La pression exercée par l’eau assure normalement l’équilibre du bassin face à la poussée des terres environnantes. Sans cette force de maintien, les parois peuvent se fissurer ou se déformer, particulièrement pour les structures légères. Les dommages causés par une vidange inadéquate ne sont généralement pas couverts par les garanties constructeur, d’où l’importance de comprendre les enjeux et les méthodes appropriées avant d’entreprendre cette opération.
Les situations justifiant une vidange de bassin
La vidange totale d’un bassin ne doit être envisagée qu’en dernier recours. Plusieurs motifs valables peuvent néanmoins justifier cette intervention. Le changement de traitement chimique constitue une raison légitime, notamment lorsque les produits utilisés sont incompatibles entre eux. Une eau saturée en stabilisant de chlore, avec un taux supérieur à 120 mg/l, rend impossible l’équilibre de votre eau et nécessite un renouvellement complet.
Les travaux de rénovation représentent également des situations où la vidange devient inévitable. Le changement de liner, l’application de gel-coat pour piscine polyester ou la réfection des joints de carrelage exigent un bassin vide. La localisation d’une fuite, le remplacement des spots lumineux ou le colmatage d’une fissure nécessitent aussi cette opération délicate.
Un dépôt calcaire important peut transformer vos parois en surface rugueuse favorisant la fixation des algues. Dans ce cas précis, un nettoyage avec un produit acide devient indispensable. Pour les piscines hors-sol, la préparation saisonnière peut justifier une vidange complète, bien que cette pratique soit moins recommandée pour les bassins enterrés. Si vous rencontrez des problèmes d’eau trouble persistants, consultez notre guide sur les risques liés à une piscine trouble.
Le calendrier optimal pour vidanger votre piscine
Le choix du moment pour vider votre bassin revêt une importance capitale. Les périodes à proscrire absolument sont l’automne, l’hiver et les phases de fortes pluies. Durant ces saisons, la terre gorgée d’eau exerce une pression considérable sur les parois du bassin vide, augmentant drastiquement les risques de fissuration. Le terrain saturé ne peut plus absorber la quantité importante d’eau provenant de la piscine, créant ainsi un danger d’inondation.
L’été pendant la saison sèche constitue le moment idéal pour cette intervention. Le sol sec exerce moins de pression, le terrain absorbe rapidement l’eau évacuée et l’évaporation naturelle aide à gérer les surplus. L’inconvénient majeur reste la perte de temps de baignade, car l’ensemble des opérations mobilise plusieurs jours. Le printemps représente une alternative intéressante, notamment lors de la remise en service. À cette période, l’eau contient peu de produits chimiques et les sols ne sont pas encore gorgés d’eau.
| Saison | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Été | Sol sec, pression faible, absorption rapide | Perte du temps de baignade |
| Printemps | Eau peu chargée, préparation saison, sols encore secs | Risque de gel tardif à surveiller |
| Automne/Hiver | Aucun | Terre gorgée d’eau, pression maximale, risque fissures |
La réglementation encadrant l’évacuation des eaux
Le cadre légal impose des contraintes strictes concernant l’évacuation de l’eau de piscine. L’article R1331-2 du Code de la santé publique et l’arrêté de juin 1994 interdisent formellement d’introduire ces eaux dans les systèmes de collecte des eaux usées et le tout-à-l’égout. Les stations d’épuration ne sont pas dimensionnées pour traiter ce surplus soudain, sans compter la pollution chimique potentielle.
Néanmoins, l’article L1331-10 du Code de la santé publique permet de solliciter une dérogation spéciale auprès du maire ou de l’établissement public compétent. Les autorités disposent de quatre mois pour répondre, le silence valant rejet. Chaque commune applique sa propre réglementation, d’où l’importance de consulter votre mairie avant toute intervention. L’autorité peut imposer un volume horaire maximal, généralement limité à 5 litres par seconde, soit environ 18 m³ par heure.
Le déversement dans le réseau des eaux pluviales reste possible sous certaines conditions. La police de l’eau contrôle ces installations via la rubrique 2230 de sa nomenclature. Avant toute vidange, arrêtez le traitement au chlore pendant 15 jours, car ces réseaux se déversent souvent dans les milieux naturels. Pour préparer correctement votre piscine pour l’hiver, vous n’aurez besoin que d’abaisser le niveau d’eau sans vidange totale.
Les techniques de vidange et précautions essentielles
Plusieurs méthodes permettent d’évacuer l’eau de votre bassin. La pompe de filtration constitue la solution la plus courante pour les piscines enterrées. Arrêtez la pompe, ouvrez les vannes des bondes de fond, fermez celles des skimmers et positionnez la vanne multivoie sur égout. Cette technique présente néanmoins un risque majeur : si la pompe aspire de l’air, elle se désamorce et peut subir des dommages irrémédiables non couverts par la garantie.
Le vide-cave représente une alternative sûre et rapide. Cette pompe électrique dédiée peut vider un bassin en moins de trois heures. Positionnez-la au fond de la piscine, raccordez un tuyau suffisamment long et dirigez-le vers la zone d’évacuation autorisée. Veillez à choisir un modèle compatible avec les eaux chlorées pour éviter toute détérioration prématurée.
Pour les bassins hors-sol sans système complexe, le tuyau d’arrosage reste la solution économique. Les étapes à suivre sont :
- Munissez-vous d’un tuyau d’une longueur suffisante
- Immergez complètement le tuyau pour chasser l’air
- Bouchez une extrémité et sortez-la rapidement de l’eau
- Placez cette extrémité au niveau de la zone d’évacuation
- Le phénomène d’aspiration naturelle se déclenche automatiquement
Avant toute vidange, cessez le traitement chimique 7 à 15 jours à l’avance pour éliminer les résidus de produits biocides. Vérifiez également qu’aucune eau ne stagne sous votre bassin en contrôlant le puits de décompression. La présence d’eau souterraine pourrait faire remonter votre installation devenue trop légère. Consultez impérativement le professionnel ayant construit votre piscine pour obtenir son aval et ses recommandations, sous peine d’annuler votre garantie constructeur.





