Comment vider une piscine​ ?

La vidange d’une piscine représente une opération exceptionnelle et délicate qui ne doit jamais être entreprise à la légère. Cette intervention nécessite des précautions rigoureuses pour éviter d’endommager votre installation de manière irréversible. Avant de vous lancer dans cette procédure, il est essentiel de comprendre quand elle s’avère nécessaire, comment la réaliser correctement et quelles règles respecter.

Les situations justifiant la vidange du bassin

Plusieurs circonstances particulières peuvent rendre la vidange de votre piscine indispensable. Parmi les raisons principales, on retrouve le remplacement du liner qui impose de retirer complètement l’eau pour accéder au revêtement. De même, les rénovations structurelles comme l’application de gel-coat ou la réfection des joints de carrelage nécessitent un bassin vide.

Lorsque votre eau devient saturée en stabilisant de chlore, avec un taux dépassant 120 mg/l, l’équilibre chimique devient impossible à rétablir. Dans ce cas précis, une vidange partielle ou totale s’impose. Le changement de traitement constitue également un motif valable, notamment si vous passez d’un système à un autre utilisant des produits incompatibles.

Les parois recouvertes de calcaire qui fixent les algues, les recherches de fuites, le remplacement de projecteurs ou encore le colmatage de fissures figurent parmi les interventions techniques requérant une vidange. Pour l’hivernage passif de votre piscine, il suffit généralement de baisser le niveau d’eau de 10 cm sous les buses de refoulement, sans vidange complète.

Choisir le moment propice pour cette intervention

Le calendrier joue un rôle déterminant dans la réussite de votre vidange. Certaines périodes sont formellement déconseillées, voire dangereuses pour votre installation. L’automne et l’hiver représentent les pires moments, car la terre gorgée d’eau exerce une pression considérable sur les parois du bassin vide, provoquant potentiellement des fissures irréparables.

Les phases de fortes pluies doivent également être évitées. Le terrain saturé ne peut absorber la grande quantité d’eau libérée par votre piscine, créant un risque d’inondation important. Vous pourriez être tenu responsable des dégâts causés aux propriétés voisines selon l’article 640 du Code Civil.

Le printemps constitue la période idéale pour cette opération. À ce moment, les sols restent peu gorgés d’eau et conservent une bonne capacité d’absorption. Cette période coïncide avec la remise en service, ce qui permet de démarrer la saison avec une eau neuve. L’été, pendant la saison sèche, représente également une option favorable : le terrain sec exerce moins de pression sur la structure et les risques d’inondation diminuent grâce à l’évaporation rapide.

Période Avantages Inconvénients
Printemps Sol perméable, remise en service, eau neuve Météo parfois instable
Été Terrain sec, évaporation rapide, faible pression Perte de temps de baignade
Automne/Hiver Aucun Risques majeurs de fissures et inondation

Les méthodes pratiques pour évacuer l’eau

Trois techniques principales permettent d’effectuer la vidange de votre bassin. La première consiste à utiliser votre pompe de filtration. Après avoir arrêté le système, ouvrez les vannes des bondes de fond, fermez celles des skimmers et positionnez la vanne du filtre sur « égout ». Cette méthode présente par contre un risque majeur : si la pompe aspire de l’air, elle se désamorcera et subira des dommages irréversibles non couverts par la garantie.

L’utilisation d’une pompe vide-cave s’avère plus sûre, particulièrement pour les installations sans bonde de fond. Choisissez un modèle compatible avec les eaux chlorées et raccordez un tuyau de longueur suffisante. Cette solution permet de vider votre bassin en moins de trois heures selon la puissance de l’appareil.

Pour les piscines hors-sol, le siphonage avec un tuyau d’arrosage représente une alternative économique. Enroulez le tuyau, plongez-le sous l’eau pour chasser l’air, bouchez une extrémité et faites-la sortir au niveau de la zone d’évacuation. Après avoir amorcé le siphon en aspirant l’air, l’écoulement se fait naturellement par phénomène de gravité.

Avant toute intervention, arrêtez le traitement chimique entre 7 et 15 jours pour minimiser l’impact environnemental. Cette précaution réduit considérablement les risques de pollution et protège votre végétation. Vérifiez également l’absence d’eau dans le puisard de décompression pour éviter que votre installation ne remonte sous l’effet de la pression.

Respecter la législation en vigueur

L’article R1331-2 du Code de la Santé Publique interdit formellement d’évacuer les eaux de vidange dans le tout-à-l’égout sans autorisation. Les stations d’épuration ne sont généralement pas dimensionnées pour traiter ce surplus d’eau. Toutefois, l’article L1331-10 vous permet de solliciter une dérogation auprès du Maire ou du Président de l’établissement intercommunal.

Chaque commune applique sa propre réglementation concernant l’évacuation des eaux. Consultez impérativement votre mairie avant d’entreprendre cette opération. Certaines localités autorisent le déversement dans le tout-à-l’égout avec dérogation, d’autres imposent le réseau des eaux pluviales. La mairie peut également limiter le volume horaire déversable, généralement autour de 18 m³ par heure.

Si vous disposez d’un traitement par électrolyse au sel, les règles deviennent plus strictes. L’eau salée ne doit jamais être déversée dans votre jardin sous peine de détruire votre végétation. Dans ce cas, le recours à un professionnel du traitement des eaux devient obligatoire pour assurer le recyclage approprié. Si vous constatez que l’eau de votre piscine est trouble, un traitement adapté peut souvent éviter la vidange.

L’évacuation dans votre jardin reste possible sous conditions strictes. Votre sol doit présenter une perméabilité suffisante pour absorber la totalité du volume déversé. Procédez par étapes, en baissant le niveau en deux, trois ou quatre fois pour prévenir toute inondation. Soyez particulièrement vigilant si votre terrain est en pente. Les précautions suivantes s’imposent :

  • Informer vos voisins immédiats de l’opération programmée
  • Surveiller continuellement le processus pendant la journée
  • Planifier les travaux pour minimiser la durée où le bassin reste vide
  • Ne jamais procéder par temps pluvieux ou sur sol gorgé d’eau
  • Neutraliser les produits chimiques avant toute évacuation

L’évacuation sauvage dans la nature constitue une infraction à l’article L. 211-2 du Code de l’environnement et peut faire l’objet de sanctions. En cas de doute ou d’impossibilité technique, faire appel à un vidangeur professionnel reste la solution la plus sûre pour préserver votre installation et respecter la réglementation.

Giles

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