La vidange d’une piscine hors sol représente une opération délicate qui nécessite une réflexion approfondie avant d’être entreprise. Contrairement aux idées reçues, vider complètement son bassin n’est pas systématique et peut même s’avérer contre-productif dans certaines situations. Plusieurs paramètres doivent être évalués pour déterminer si cette intervention est réellement nécessaire, notamment l’état de l’eau, la période de l’année et les éventuelles réparations à effectuer.
Les propriétaires de bassins gonflables, autoportés ou tubulaires se posent régulièrement cette question, particulièrement à l’approche de la saison hivernale. Avant de prendre une décision hâtive, il convient d’examiner les alternatives possibles et les conséquences d’une telle opération sur la structure même de votre installation aquatique.
Les bonnes raisons de procéder à une vidange
Plusieurs situations justifient la vidange complète d’un bassin hors sol. La première concerne les petites installations dépourvues de système de filtration, dont la capacité n’excède pas vingt mètres cubes. Dans ce cas précis, le renouvellement régulier de l’eau constitue une alternative préférable aux traitements chimiques intensifs. Les piscines gonflables destinées aux enfants entrent également dans cette catégorie et nécessitent un changement fréquent de leur contenu.
Les travaux de réparation représentent également une raison valable pour vider intégralement votre bassin. Lorsque le liner présente des fissures importantes ou que la structure tubulaire montre des signes de faiblesse, l’intervention devient incontournable. De même, si votre installation s’avère mal positionnée, avec une surface en pente ou un terrain instable, le déplacement du bassin nécessitera une vidange complète avant toute manipulation.
Dans les régions soumises à des températures hivernales rigoureuses, la vidange constitue une protection efficace contre les dégâts causés par le gel. Les fabricants de piscines tubulaires, autoportantes et gonflables recommandent d’ailleurs fréquemment le démontage complet durant cette période. Cette précaution évite que la glace n’endommage irrémédiablement les parois et la structure de votre installation aquatique.
Une eau devenue totalement irrécupérable malgré les traitements intensifs justifie également cette opération. Les invasions massives d’algues, les dépôts importants de tartre ou une pollution extrême peuvent rendre la remise en état impossible sans un renouvellement complet du liquide. Néanmoins, avant d’envisager cette solution radicale, il convient de vérifier qu’aucun traitement choc ne pourrait résoudre le problème, comme pour l’hivernage de votre piscine qui propose des alternatives.
Les techniques pour évacuer l’eau efficacement
Deux méthodes principales permettent de vider un bassin hors sol, chacune présentant des avantages spécifiques selon votre situation. La technique du siphonage constitue la solution la plus économique mais également la plus chronophage. Elle consiste à utiliser un tuyau d’arrosage suffisamment long pour relier le fond du bassin au point d’évacuation souhaité.
Pour réaliser cette opération, il suffit d’aspirer l’air contenu dans le tuyau jusqu’à ce que l’eau commence à s’écouler naturellement sous l’effet de la gravité. Si votre installation dispose d’un bouchon de vidange, la connexion devient encore plus simple grâce à l’adaptateur fourni. L’utilisation simultanée de plusieurs tuyaux accélère sensiblement le processus, bien que plusieurs heures demeurent nécessaires pour vidanger complètement le bassin.
L’utilisation d’une pompe représente l’alternative rapide et performante pour cette opération. Une pompe vide-cave ou de relevage permet d’évacuer l’eau en moins de trois heures. Le dispositif, immergé au fond de la piscine et relié à un tuyau d’évacuation, assure un débit constant et puissant. Cette solution nécessite un investissement modeste mais garantit une efficacité remarquable, particulièrement pour les grands volumes.
| Méthode | Durée | Coût | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Siphonage | Plusieurs heures | Très faible | Facile |
| Pompe | Moins de 3 heures | Modéré | Très facile |
| Professionnel | Variable | Élevé | Aucune |
Quelle que soit la méthode retenue, les derniers litres résiduels au fond du bassin nécessitent une évacuation manuelle. L’utilisation d’un seau ou d’un aspirateur professionnel devient alors indispensable pour éliminer cette eau résiduelle. Cette étape finale garantit un séchage optimal des parois et du fond, similairement à l’entretien du système de filtration qui requiert également une attention particulière.
La réglementation encadrant l’évacuation des eaux
L’article R1331-2 du Code de la santé publique établit un principe clair : le déversement d’eau de vidange dans le tout-à-l-égout est formellement interdit. Cette interdiction vise à protéger les infrastructures et l’environnement contre les produits chimiques contenus dans l’eau des piscines. Un arrêté de juin 1994 confirme cette disposition en interdisant spécifiquement l’introduction des eaux de vidange dans les systèmes de collecte des eaux usées.
En revanche, l’article L1331-10 du même code prévoit la possibilité d’obtenir une dérogation auprès de la mairie ou de la préfecture. Le maire dispose d’un délai de quatre mois pour instruire votre demande, son silence valant rejet tacite. Cette procédure administrative nécessite une anticipation suffisante pour respecter les délais légaux.
L’évacuation sur votre propre terrain constitue une option envisageable sous conditions strictes. Vous devez impérativement cesser tout traitement chimique au moins quinze jours avant la vidange pour permettre une dépollution naturelle de l’eau. Le sol doit pouvoir absorber le volume d’eau prévu sans risque d’inondation ou d’écoulement vers les propriétés voisines, conformément à l’article 640 du Code civil qui engage votre responsabilité.
Plusieurs destinations restent formellement interdites pour évacuer votre eau :
- Le déversement dans la nature, passible de sanctions selon l’article L. 211-2 du Code de l’environnement
- L’évacuation dans un cours d’eau, même traversant votre propriété
- Le rejet dans une fosse septique, non conçue pour gérer de tels volumes rapidement
- Tout écoulement vers les propriétés voisines sans autorisation
Le réseau collectif d’eau pluviale représente parfois une solution viable si votre habitation y est raccordée. Le service de police de l’eau peut par contre imposer des prescriptions spécifiques. Dans tous les cas, le contact préalable avec la mairie demeure indispensable pour connaître les réglementations locales applicables à votre situation particulière.
Préserver la structure en évitant la vidange
Maintenir l’eau dans votre bassin pendant l’hiver présente des avantages considérables pour la préservation de votre installation. L’eau exerce une pression constante sur les parois qui prévient les déformations et les fissures. Elle agit également comme un coussin thermique protégeant la structure contre les variations brutales de température, particulièrement durant les périodes de gel.
L’hivernage actif constitue une alternative performante à la vidange complète. Cette technique consiste à maintenir la pompe et la filtration en fonctionnement ralenti tout au long de l’hiver. Un nettoyage complet préalable des parois, du fond et de la ligne d’eau, associé à l’utilisation de produits antifongiques et d’hivernage, préserve la qualité de l’eau. La filtration régulière, adaptée à la température ambiante, complète ce dispositif de protection.
L’hivernage passif représente une solution intermédiaire qui évite également la vidange totale. Cette méthode implique l’arrêt complet du système de filtration après un nettoyage approfondi et un traitement chimique adapté. Le niveau d’eau est simplement abaissé sous le système de filtration, puis une couverture protège le bassin durant toute la période froide sans nécessiter d’entretien particulier.
Les impacts économiques et environnementaux d’une vidange complète méritent également réflexion. Plusieurs mètres cubes d’eau disparaissent selon la taille du bassin, générant des coûts importants lors du remplissage ultérieur. Cette consommation massive représente un gaspillage peu compatible avec les enjeux écologiques actuels, d’autant qu’une eau correctement entretenue peut être conservée plusieurs années consécutives.





